A Helping Hand @cactus
A Helping Hand

De toute sa vie, Obanai n'avait jamais espéré pouvoir un beau jour embrasser Mitsuri. Il en avait rêvé, oui, mais jamais il ne s'était imaginé que ce rêve deviendrait réalité. Mitsuri était la personne la plus belle qu'il ait pu rencontrer. Que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, Mitsuri était si magnifique, si douce, qu'un être aussi laid que lui n'avait pu que tomber amoureux. Depuis le jour où ils s'étaient rencontrés, le jour où elle avait eu la bonté de le remarquer alors qu'elle aurait pu – et dû – l'ignorer, Obanai s'efforçait de faire tout ce qui était en son possible pour la protéger.

Mitsuri était forte et il savait pertinemment qu'elle n'avait pas besoin de son aide, mais il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour elle. Elle était tout ce qu'il avait et il savait très bien que s'il lui arrivait quelque chose, il ne se le pardonnerait jamais et ne pourrait pas y survivre. Tout ce qu'il voulait c'était rester à ses cotés pour le reste de ses jours. Il voulait l'écouter parler de tout et de rien, l'entendre rire, la voir sourire, regarder son visage s'illuminer. Il voulait être là pour elle dans les moments joyeux tout comme il volait la soutenir dans les moments douloureux (même s'il s'assurerait qu'il n'y en aurait pas un seul).

Mais l'embrasser ? Jamais !

Mitsuri représentait tout ce qu'il y avait de plus beau dans ce monde alors que lui n'était rien. Jamais il n'oserait la souiller.

Alors quelqu'un pourrait-il lui expliquer pourquoi les lèvres de Mitsuri étaient fermement pressées contre les siennes ?

Obanai avait d'abord pensé à un rêve. Ce ne serait pas la première fois qu'il s'autoriserait ce genre de fantaisie. Cependant, le corps chaud de Mitsuri et ses larmes se mêlant à leurs lèvres, rendant leur baiser mouillé et salé, étaient bien trop réalistes pour que ce ne soit qu'un simple rêve. Obanai dut alors se rendre à l'évidence. Mitsuri était bel et bien en train de l'embrasser tout en pleurant à chaudes larmes.

Il ne pouvait même pas la repousser pour lui demander des explications étant donné que le moindre mouvement réveillait une douleur lancinante dans ses deux bras qu'il devinait cassés.

Il attendit donc patiemment que Mitsuri le relâche, se demandant si ce n'était pas vraiment un rêve très réaliste. Ou alors il était mort et il était au paradis. C'était une possibilité comme une autre, après tout.

Mitsuri finit par retirer ses bras de derrière la nuque d'Obanai et s'éloigna lentement de lui. Elle le regardait, les sourcils froncés et continuait de pleurer à chaudes larmes. Obanai prit quelques secondes pour s'insulter mentalement. Non seulement il avait fait pleurer Mitsuri, mais il n'avait même pas pris le temps de profiter de la douceur de ses lèvres, trop occupé qu'il avait été à se demander s'il avait atterri dans un univers parallèle.

« Pourquoi tune m'as pas attendue ?! s'exclama Mitsuri, sa voix secouée par ses sanglots. On aurait pu rattraper le démon ensemble et tu n'aurais pas fini dans cet état ! 

- Mais– 

- Pas de mais ! 

- Le démon– 

- N'aurait jamais eu le temps de s'enfuir ! Il y avait des renforts partout dans cette forêt et il n'arrivait même plus à se régénérer ! »

Obanai arrivait à peine à penser correctement, trop obnubilé par les lèvres de Mitsuri. Dire que quelques secondes plus tôt elles avaient été sur les siennes. Comment en étaient-ils arrivés là ?!

« Promets-moi que tu ne te remettras plus en danger inutilement, marmonna Mitsuri avant de renifler bruyamment.

- Kanroji... soupira Obanai. »

Comment pouvait-il lui promettre une chose pareille ? Ils côtoyaient la mort dès qu'ils partaient en mission, le danger était leur quotidien.

« Promets-le ! »

Il regarda ses joues mouillées de larmes, ses mains tremblantes et sa mine inquiète et se dit que si c'était pour la rassurer, pour la faire sourire, il pouvait bien lui mentir.

« D'accord, finit-il par dire, je te le promets. »

Le visage de la jeune fille s'illumina et Obanai sut qu'il avait pris la bonne décision. Il s'autorisa un sourire à son tour, mais celui-ci s'effaça bien vite lorsque Mitsuri se rapprocha de nouveau de lui. Elle passa ses bras autour de sa nuque et ses lèvres vinrent s'écraser contre les siennes. Les yeux d'Obanai s'écarquillèrent tandis que la poitrine de Mitsuri se pressait contre son torse. Son souffle se coupa et il ouvrit les lèvres de stupeur. Il ne s'attendait cependant pas à ce que Mitsuri en profite pour glisser sa langue dans sa bouche.

Un gémissement de surprise lui échappa. La langue habile de Mitsuri explorait toute sa bouche, le caressait entièrement et il ne pouvait rien faire à part rester là, les bras ballants, cherchant à comprendre quand est-ce que leur relation avait évolué pour atteindre ce point.

« Obanai... soupira-t-elle et l'entendre susurrer son prénom d'une voix si sensuelle fit réagir son corps d'une manière plus qu'embarrassante. »

Essayant de cacher la bosse qui déformait son pantalon, Obanai déplaça son bras de façon à cacher son érection, mais son mouvement soudain réveilla une douleur aiguë qui le fit grimacer. Mitsuri s'éloigna aussitôt, un air inquiet au visage.

« Pardon, je t'ai fait mal ? demanda-t-elle.

- Non, non, c'est juste que– »

Obanai fit l'erreur de baisser les yeux sur son pantalon. Mitsuri fit de même et alors que sa bouche s'ouvrit sous la surprise, le visage d'Obanai rougit à cause de l'embarras.

« Oh. »

Obanai se serait bien excusé, il aurait bien essayé de trouver une excuse, mais il ne voyait même pas ce qu'il pourrait dire pour se justifier. Il n'osait même pas relever la tête, ni croiser son regard.

« Obanai, l'appela doucement Mitsuri. »

Il lui fallut quelques secondes mais il finit par lever lentement la tête vers elle. Mitsuri le regardait avec un regard si doux, si affectueux, qu'Obanai se sentit presque fondre sur place. Cette fois-ci, lorsqu'elle s'avança vers lui, il l'imita et savoura ses lèvres douces contre les siennes.

Jamais il n'aurait espéré pouvoir embrasser Mitsuri un jour, mais maintenant qu'il en avait l'occasion il était bien décidé à en profiter.

Il ne s'attendait cependant pas à ce que Mitsuri se lève pour s'asseoir à califourchon sur lui. Avant qu'il ne puisse lui demander ce qu'elle faisait, elle se remit à l'embrasser à pleine bouche. Avoir son odeur autour de lui, ses lèvres douces sur les siennes, sa poitrine presque nue contre son torse, tous ces éléments lui faisaient tourner la tête tellement il était heureux et tellement c'était agréable.

Il sursauta lorsqu'une des mains de Mitsuri s'aventura dans son pantalon. Elle sentit probablement sa panique, mais elle ne s'arrêta pas pour autant. Elle parsema son visage de baisers et, d'une main habile, elle déboutonna son pantalon.

« Laisse-moi t'aider. »

Il n'osa pas la repousser et ne put que continuer de la fixer, les yeux écarquillés, alors qu'elle prenait son sexe en main. Lentement, elle le caressa sur toute sa longueur.

« Kanroji– gémit-il.

- Mitsuri. »

Il leva des yeux interrogateurs vers elle.

« Appelle-moi Mitsuri, dit-elle. »

Il déglutit difficilement et Mitsuri s'empressa de l'embrasser de nouveau, avalant chacun de ses soupirs de plaisir.

Elle accéléra le mouvement de ses mains, caressant tout son sexe et s'attardant sur ses points les plus sensibles. La sensation de ses mains fines sur son membre, ses lèvres douces sur les siennes et le poids de son corps sur le sien suffisaient à rendre Obanai fou de plaisir. Jamais il n'avait espéré plus qu'une simple amitié avec Mitsuri et pourtant elle était là, l'embrassant comme si elle l'aimait et qu'il était quelqu'un de cher à ses yeux.

A sa plus grande honte, il ne mit que quelques minutes avant de se déverser dans les mains expertes de Mitsuri.

Ils partagèrent un dernier baiser, leurs langues se caressant tendrement, avant de se séparer lentement.

« Obanai, chuchota Mitsuri, je... je t'– 

- Iguro-san ! Kanroji-san ! »

Mitsuri sursauta si fort qu'elle tomba du lit et Obanai ignora la douleur dans ses bras pour remonter le drap et cacher ses parties intimes. Ils eurent à peine le temps de se remettre de leurs émotions que Shinobu ouvrit la soudainement la porte de la pièce dans laquelle ils se trouvaient.

« Ah, tu es réveillé, Iguro-san. » Elle leur offrit un sourire joyeux. « Mis à part tes deux bras il n'y a rien à signaler, tu pourras sortir dès aujourd'hui. Bien évidemment pas d'entraînement ni d'activité physique jusqu'à ce que tu sois complètement soigné. »

Elle déposa son uniforme au pied de son lit avant de se diriger de nouveau vers la porte.

« Et quand je dis aucune activité physique, je parle bien évidemment de ce genre d'activité aussi, ajouta-t-elle. »

Obanai et Mitsuri baissèrent la tête, les joues rouges. Aucun des deux n'osa ouvrir la bouche et Shinobu quitta la pièce, fermant la porte derrière elle.

Quelques secondes après son départ, Mitsuri se leva à son tour.

« Je... Je vais te laisser te changer alors... chuchota-t-elle, toujours aussi rouge, je t'attends dehors. »

Et elle s'empressa de quitter la pièce elle aussi.

Obanai fixa son uniforme au pied de son lit, essayant de comprendre ce qu'il venait de se passer et surtout, comment allait-il oser demander à Mitsuri la raison pour laquelle elle s'était jetée sur lui s'il n'arrivait même pas à la regarder dans les yeux ?

Mais avant ça... Il baissa les yeux sur ses deux bras cassés.

Comment allait-il réussir à se changer sans utiliser ses bras ?

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