Birthday Rivalry @cactus
Birthday Rivalry

Yuujirou entra dans la salle à manger sur la pointe des pieds et alla s'installer sur une des chaises, attendant patiemment que sa mère se retourne. Cette dernière était en train de se préparer un thé et lorsqu'elle fit volte-face pour repartir dans le salon, elle faillit faire tomber sa tasse tellement elle sursauta fort.

« Yuujirou ! s'exclama-t-elle en déposant une main sur sa poitrine en essayant d'apaiser son cœur qui battait à cent à l'heure. »

Yuujirou lui envoya un sourire rayonnant et elle soupira en voyant son air innocent, bien que tous deux savaient qu'il était bien loin de l'être.

« J'en connais un qui a quelque chose à me demander, dit-elle. Mais j'en connais aussi un qui a laissé de la boue partout dans la maison, ajouta-t-elle. »

Yuujirou se retourna immédiatement pour voir qu'en effet, il y avait de la terre derrière lui. Baissant les yeux, il remarqua alors que ses chaussures étaient désormais marrons, bien loin de leur couleur originale.

« Tu es encore allé jouer avec le chien des voisins. »

Ce n'était pas une question et le garçon se mordit la lèvre inférieure en entendant les reproches dans la voix de sa mère. Lui mentir ne servirait à rien, mais il savait aussi que s'il ne se défendait pas il serait certainement puni.

« C'est lui qui est venu me voir dans la rue... finit-il par répondre faiblement. Mais je vais nettoyer ! promit-il de peur de se faire gronder. »

C'était son anniversaire aujourd'hui, il n'allait pas se faire punir bêtement.

Surtout s'il voulait son cadeau.

Il ouvrit de nouveau la bouche et, souriant de son sourire le plus adorable, reprit la parole.

« Maman- commença-t-il avant de se faire couper.

- Je suis rentré ! annonça son père en claquant la porte derrière lui, faisant tiquer sa mère. Yuujirou ! appela-t-il depuis l'entrée. »

Yuujirou envoya un regard curieux à sa mère qui ne fit que hausser les épaules.

« Je crois qu'il a quelque chose pour toi. »

Aussitôt, Yuujirou était debout, courant dans le couloir.

« Papa ! cria-t-il en sautant sur le dos de son père qui s'était assis pour enlever ses chaussures. »

Ce dernier laissa échapper une exclamation surprise avant de rire doucement.

« Eh bien, Yuujirou ! Pressé de voir ton cadeau ? »

Le visage tout entier du garçon s'illumina lorsqu'il vit que son père tenait quelque chose dans ses bras.

« C'est mon cadeau ?! s'exclama-t-il.

- Doucement, doucement, insista son père avant de se retourner pour s'agenouiller devant lui, de façon à être à sa hauteur. »

Il tendit ensuite lentement les bras vers lui et Yuujirou put enfin voir ce qu'il tenait.

Un chaton.

« Joyeux anniversaire, Yuujirou, lui souhaita son père. »

Dire que Yuujirou était déçu était un euphémisme monstre.

Il prit tout de même le chaton, offrant un sourire tremblant à son père. Il avait demandé à avoir un chiot pendant des semaines, des mois même, et ses parents lui offraient un chaton. Certes, c'était un animal, mais pas du tout celui qu'il espérait. Du haut de ses cinq ans, Yuujirou était le garçon le plus déçu au monde.

Deux heures passèrent et il était toujours persuadé que toute la malchance du monde s'était abattue sur lui.

Dès qu'il avait posé le chaton au sol, il s'était précipité sous une armoire et n'en était plus ressorti. Yuujirou était couché à plat ventre et le fixait, attendant qu'il sorte, mais l'animal le fixait aussi avec de grands yeuxa apeurés et semblait prêt à passer sa vie dans sa cachette.

Derrière lui, il entendit Aizou renifler pour ce qui devait être la millième fois au moins.

Le blond était arrivé environ une heure plus tôt avec ses parents, son frère étant apparemment chez un ami, et de ce que Yuujirou avait compris, il avait passé toute la matinée à pleurer. C'était aussi son anniversaire et il le passait à se morfondre pour il ne savait quelle raison.

Un vrai bébé, pensa Yuujirou.

Lorsque Aizou renifla pour la mille-et-unième fois, Yuujirou souffla et se retourna vers lui.

« Tu vas pleurer longtemps ? »

Aizou baissa la tête en reniflant encore.

Leurs parents étaient amis, mais pas eux. Aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, ils avaient toujours passé leur temps à se bagarrer et à se disputer. Cependant, Yuujirou était sûr qu'il n'avait jamais vu Aizou pleurer. Il se demandait vraiment ce qu'il avait pu lui arriver.

Il baissa les yeux en sentant quelque chose lui chatouiller la cheville et vit avec surprise que le chaton était juste à côté de lui et fixait le blond curieusement.

Yuujirou eut soudainement une idée.

Une idée stupide et ses parents seraient probablement furieux.

Mais cela restait une idée.

Il prit le chaton dans ses bras, soulagé lorsqu'il ne se débattit pas, et s'accroupit à côté d'Aizou avant de lui tendre l'animal. Le blond leva un regard curieux vers lui.

« Joyeux anniversaire, Aizou. »


« C'est une blague ! s'exclama la mère de Yuujirou en voyant ce que son mari venait de ramener. »

Yuujirou, qui était derrière la maison, fit le tour pour voir ce qu'il se passait. Lorsqu'il vit ce qui avait mis sa mère dans tous ses états, il hurla d'excitation et se rua sur son père pour l'enlacer.

« C'est le meilleur des cadeaux ! cria-t-il alors que sa mère soupirait de dépit. »

Derrière son père se trouvait un quad rouge, brillant sous la lumière du soleil.

Yuujirou se précipita pour s'asseoir dessus et écouta avidement les indications de son père sur comment il fonctionnait.

« Mais surtout, n'oublie pas, tu dois toujours mettre un casque, ajouta-t-il. »

Il se retourna pour prendre le casque qu'il avait posé par terre et lorsqu'il reposa son regard sur Yuujirou, il n'était plus là.

« Yuujirou ! hurla sa mère, mais le garçon était déjà en train de rouler à toute vitesse sur le trottoir. »

Il s'arrêta brusquement quelques dizaines de mètres plus loin, manquant de se faire éjecter en avant et s'empressa de sortir pour frapper à la porte de la maison devant laquelle il s'était arrêté.

« Aizou ! cria-t-il. Aizou, viens voir ! »

Quelques secondes plus tard, Aizou ouvrit la porte d'entrée, les sourcils froncés et du chocolat autour de la bouche. Yuujirou regarda son visage avec une pointe d'envie, se demandant s'il avait souvent le droit de manger du gâteau pour le petit-déjeuner. Il secoua la tête, oubliant sa jalousie, et pointa du doigt derrière lui.

« Regarde ! »

Aizou regarda par-dessus son épaule et resta bouche-bée en voyant ce que Yuujirou lui montrait. De son côté, Yuujirou put confirmer qu'Aizou mangeait bien du gâteau et grimaça en posant sa main sur le menton du garçon pour lui refermer la bouche.

Aizou avala sa bouchée et se tourna vers lui, les yeux brillants d'excitation.

« C'est le tien ? demanda-t-il. »

Yuujirou secoua la tête en souriant.

« Non, c'est le tien, déclara-t-il. »

Aizou fronça de nouveau les sourcils et le sourire de Yuujirou s'agrandit.

Il put entendre le rire soulagé de sa mère qui était heureuse de se débarrasser de cet engin, le gémissement de son père qui venait de perdre un salaire entier pour le cadeau du voisin et l'exclamation de surprise de Ken qui était jaloux de son frère, mais tout ce qui lui importait était le sourire d'Aizou qui semblait aux anges lorsqu'il comprit ce qu'il voulait dire.

« Joyeux anniversaire, Aizou. »


Yuujirou ne savait pas vraiment pourquoi leur rivalité autour de leur anniversaire avait commencé.

Il se souvenait parfaitement de son cinquième anniversaire et du chaton qu'il avait offert à Aizou. Le blond lui avait appris, bien plus tard, que ce même jour son chat précédent était décédé et c'était la raison pour laquelle il avait passé son temps à pleurer. Leur rivalité étrange était probablement née du fait qu'Aizou avait tenu à lui retourner la faveur en lui offrant une peluche le lendemain. Depuis, chaque année, ils s'offraient un cadeau le jour de leur anniversaire et celui qui offrait le meilleur cadeau gagnait.

C'était parfois difficile de les partager étant donné que tout dépendait de leurs goûts, mais Yuujirou pouvait dire avec fierté qu'il n'avait pas perdu une seule fois.

Et il n'allait pas commencer à perdre cette année.

Il vérifia pour la quatrième fois que le billet était bien dans son sac avant d'enfin sortir de chez lui. Il savait très bien qu'attendre Aizou était inutile, même s'il essayait de se lever plus tôt pour qu'ils puissent échanger leurs cadeaux, il échouerait probablement. Cependant Yuujirou ne put s'empêcher de marcher bien plus lentement qu'habituellement, espérant au fond qu'Aizou le rattraperait avant qu'il atteigne le lycée.

« Yuujirou ! »

Yuujirou s'autorisa un sourire avant de retrouver un visage impassible pour se tourner vers Aizou qui courait vers lui. Il remarqua avec exaspération que ses cheveux étaient dans tous les sens et qu'il avait oublié sa cravate.

« Aizou, le salua-t-il simplement lorsqu'il arriva à sa hauteur. »

Aizou posa ses mains sur ses genoux, reprenant sa respiration, avant de se redresser, un sourire aux lèvres.

« Joyeux anniversaire ! s'exclama-t-il. Cette année tu peux être sûr que je vais gagner. Je réfléchis à ton cadeau depuis des mois, impossible que tu aies trouvé mieux. »

Yuujirou haussa un sourcil, peu convaincu.

« Ça m'étonnerait, répondit-il en ouvrant son sac pour en sortir le cadeau qu'il avait préparé. »

Il ne l'avouerait jamais, mais il avait aussi réfléchi des mois à ce qu'il pourrait offrir à Aizou. Ils avaient passé l'âge de s'échanger des cadeaux frivoles qui les satisferaient pour quelques jours, Yuujirou voulait trouver quelque chose qui aurait un impact sur la vie d'Aizou, quelque chose qui le marquerait pour toujours. Il avait donc observé son ami pendant de longues heures, retenant absolument tout ce qu'il aimait ou détestait, jusqu'à ce qu'il remarque enfin quelque chose qui puisse l'aider.

Quelques mois plus tôt, Aizou avait apparemment découvert un nouvel auteur et il avait entrepris de dévorer ses livres un à un. Yuujirou ne savait pas exactement pourquoi, mais il avait toujours refusé de lui dire quel était son nom. Il avait fallu qu'il aille jusqu'à soudoyer Narumi pour qu'elle demande à Suzumi de regarder discrètement dans son sac le nom de l'auteur sur la couverture d'un livre.

Son plan avait fonctionné avec merveille. Il ne lui avait fallu ensuite que quelques recherches sur internet pour apprendre qu'il y aurait une séance de dédicace et une conférence non loin de chez eux dans les semaines à venir. Yuujirou n'avait pas hésité plus d'une minute avant de prendre un billet.

Il sortit lentement le billet qu'il avait imprimé et le tendit à Aizou qui cherchait lui-même le cadeau de Yuujirou dans son sac. Le blond se figea et prit le papier lentement. Il fronça les sourcils en commençant à le lire, avant que ses yeux s'écarquillent et qu'un sourire fende son visage.

« Yuujirou, tu- commença-t-il, mais il ne trouvait pas les mots. »

Yuujirou sourit, autant parce qu'il était fier de lui que parce qu'il était heureux de voir que son cadeau plaisait à Aizou.

Aizou le prit soudainement dans ses bras et Yuujirou lâcha un rire surpris.

« Qu'est-ce que tu fais ? se moqua-t-il. »

Son sourire s'effaça lorsqu'Aizou posa ses mains sur ses joues, plaquant le papier contre le côté droit de son visage, avant de l'embrasser soudainement.

Il se retira tout aussi vite, le contact ne durant pas plus d'une seconde, le visage rouge et les yeux écarquillés, comme s'il avait lui-même du mal à croire à ce qu'il venait de faire. Un long silence s'installa entre eux et plus les secondes passaient, plus Aizou rougissait. Au bout d'une longue minute, alors que le blond semblait sur le point d'imploser, Yuujirou éclata de rire.

« Que- commença Aizou. »

Mais il se tut lorsque Yuujirou attrapa le col de son uniforme pour le tirer à lui. Ce second baiser fut bien plus long que le premier et Yuujirou ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il sentit Aizou poser timidement ses mains sur ses hanches.

« Joyeux anniversaire, Aizou, dit-il lorsqu'ils se séparèrent. »


Pour la première fois depuis plus de quinze ans, Aizou et Yuujirou ne pouvaient pas passer leur anniversaire ensemble. C'était étrange comme sentiment, eux qui avaient toujours fêté ce jour côte à côte étaient chez eux, enfermés dans leur chambre à réviser pour des examens. Prendre une petite pause de quelques heures auraient pu leur permettre de se voir, mais ils prenaient tous les deux très au sérieux leur première année à l'université.

Aizou soupira en posant une main sur son front. Il avait l'impression que sa tête allait exploser, il étudiait sans relâche depuis des jours et il ne rêvait que d'une chose, que ces maudits examens de mi-semestre soient passés pour qu'il puisse enfin se reposer sans stresser. Il tourna la tête vers la fenêtre et regarda la pluie s'abattre sur sa vitre.

Il se sentait un peu mal d'espérer que Yuujirou soit dans le même état que lui.

Ils avaient la chance de vivre près de l’université qu’ils avaient choisie et cela leur évitait de devoir trouver un logement. De plus ils continuaient à se voir presque tout le temps, même si leurs emplois du temps respectifs ne concordaient pas toujours.

Aizou sourit en se rappelant de la façon dont ils avaient commencé à sortir ensemble, trois ans plus tôt. Il avait toujours été le genre à agir avant de réfléchir, surtout lorsque cela concernait Yuujirou, mais il devait avouer que ce jour-là il s'était surpris lui-même. Au final, il avait été heureux de faire le premier pas, mais il se demandait toujours si Yuujirou aurait osé le faire un jour ou l'autre.

Perdu dans ses pensées, Aizou sursauta violemment lorsqu’il entendit un bruit à sa fenêtre. Il fronça les sourcils, se demandant si la pluie s’était transformée en grêle, avant de sursauter de nouveau lorsque le bruit retentit de nouveau. Quelque chose cognait contre sa fenêtre à intervalles trop irréguliers pour que cela soit causé par un quelconque intempérie. Curieux, il finit par abandonner ses notes de cours (illisibles, soit dit en passant) et se leva pour tirer le rideau qu’il avait fermé pour ne pas passer son temps à jeter des coups d’œil vers le balcon de Yuujirou qui était juste en face du sien. 

Quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu’il vit justement Yuujirou se tenir sur son balcon, une poignée de ce qui semblait être des cailloux dans la main. Il lança un troisième cailloux sur la fenêtre du blond avant de rire lorsqu’il vit qu’Aizou était déjà là. Il lui fit signe d’ouvrir sa fenêtre et le blond s’exécuta. 

« Yuujirou ? Qu’est-ce que tu fais ? demanda Aizou. »

Après tout, c’était lui qui avait proposé de ne pas se voir de peur de ne pas avoir assez de temps pour réviser. 

« Je suis en avance dans mes révisions, répondit-il. Et toi ? »

Aizou était tellement en retard que son retard avait du retard. 

« Ça avance, préféra-t-il dire en haussant les épaules. 

- Laisse-moi venir chez toi.

- Qu- » 

Aizou écarquilla les yeux en voyant Yuujirou enjamber la rambarde de son balcon, déterminé à le rejoindre. 

« A-Attends ! »

Yuujirou l’ignora et sauta. Aizou tendit les bras et attrapa Yuujirou, passant ses bras autour de sa taille tandis que le garçon enlaçait sa nuque, s’assurant qu’il ne retomberait pas en arrière. D’un mouvement rapide, Aizou fit passer Yuujirou par-dessus la rambarde de son balcon et s’autorisa un soupir de soulagement lorsqu’ils furent enfin dans sa chambre. 

Les deux garçons s’échangèrent un regard avant de commencer à rire. 

« Tu ne pouvais pas passer par la porte d’entrée, comme tout le monde ? 

- J’aurais perdu l’effet de surprise. »

Aizou secoua la tête en posant une main sur la joue de Yuujirou. 

« T’es vraiment pas croyable, dit-il avant de l’embrasser. »

Peu importe le nombre de fois qu’ils s’embrassaient, Aizou ne s’en lassait jamais. Les lèvres de Yuujirou étaient toujours douces et il pourrait passer ses journées à l’embrasser sans arrêt. Il entrouvrit légèrement la bouche pour passer sa langue sur les lèvres de Yuujirou et il fut récompensé par un soupir de plaisir avant que le garçon ne s’exécute. Aizou caressa lentement la langue de Yuujirou, d’abord timidement puis avec plus d’insistance lorsque son petit-ami passa sa main dans ses cheveux. Yuujirou ouvrit les yeux à moitié et défit la queue de cheval d’Aizou, regardant avec admiration les mèches tomber autour du visage du blond avant d’y enfouir ses mains dedans. Il referma les yeux en gémissant de plaisir lorsque le baiser devint plus fougueux. 

Au bout de quelques secondes, ils se séparèrent, le souffle court et les joues rouges. Aizou regarda Yuujirou rouvrir ses yeux brillants et il ne put se retenir, se jetant de nouveau sur ses lèvres. Ils n’étaient jamais allés plus loin que quelques baisers appuyés et Aizou ne voulait pas donner l’impression qu’il était trop insistant, mais Yuujirou était particulièrement attirant aujourd’hui et il aurait tout donné pour qu’ils puissent passer le cap. 

Il se rapprocha encore plus de son petit-ami, collant leurs torses lorsque leurs langues s’entremêlèrent de nouveau, et, sans vraiment y réfléchir, il passa une jambe entre celles de Yuujirou, appuyant sur ce qui semblait être un début d’érection. Aussitôt, il se recula, les yeux grands ouverts et le visage en feu. 

Yuujirou lui envoya un sourire goguenard avant de se reculer jusqu’à s’asseoir sur son lit. Il tendit ensuite la main et Aizou la prit, plus par réflexe qu’autre chose. 

« Tes parents sont là ? 

- Non. 

- Ken ? 

- Chez sa copine. » 

Yuujirou tira Aizou jusqu’à ce qu’il soit au bord du lit puis se laissa tomber sur le matelas, entraînant le garçon avec lui. Le blond se tenait à quatre pattes au-dessus de Yuujirou et le regardait, un air mi-perdu, mi-excité au visage. Yuujirou plongea une main dans la poche de son pantalon et Aizou écarquilla les yeux lorsqu’il en ressortit une petite bouteille de lubrifiant et un paquet de préservatifs. 

Yuujirou passa sa main sous le pull du blond, le relevant lentement, et caressa ses abdominaux, appréciant la façon dont Aizou tremblait légèrement. Il attrapa l’arrière de son crâne et le tira jusqu’à ce qu’il l’embrasse une nouvelle fois, puis déposa une multitude de baisers jusqu’à ce qu’il arrive à son oreille avant de reprendre la parole.

« Joyeux anniversaire, Aizou. » 


Yuujirou trembla en resserrant son manteau autour de son corps. Il se retourna en fusillant du regard la nouvelle personne qui venait de rentrer dans l’aéroport, laissant passer un courant d’air qui le gela de la tête aux pieds. Cette année, l’hiver était particulièrement rude, et pour quelqu’un qui avait horreur du froid comme lui, c’était encore plus terrible qu’habituellement. 

Un rapide coup d’œil à sa montre lui indiqua qu’Aizou avait atterri depuis presque une demi-heure. Il ne devrait plus tarder. 

Aizou et Yuujirou fêtaient leur vingt-cinquième anniversaire aujourd’hui. Aizou avait dû partir de l’autre côté du pays pour quelques jours à cause de son travail, mais c’était habituel et Yuujirou et lui s’appelaient presque tous les jours pour palier le manque de contact. Ils avaient eu de la chance que le blond ait pu rentrer le jour de leur anniversaire, ils pourraient au moins le fêter ensemble. Enfin, il ne leur restait que la soirée et il y avait de grandes chances pour qu’Aizou soit complètement épuisé, mais au moins ils pouvaient se voir, c’était la moindre des choses. 

Yuujirou attendit cinq minutes de plus avant qu’Aizou se montre enfin, tirant une valise à roulettes derrière lui, son visage s’illuminant lorsqu’il remarqua son petit-ami l’attendre. 

Aizou courut jusqu’à lui, manquant de bousculer plusieurs personnes sur son chemin, et l’enlaça une fois arrivé à sa hauteur. Yuujirou lui rendit son étreinte, enfouissant son visage dans son cou et son corps se détendit dès qu’il eût senti son odeur. Sur le moment il ne s’en rendait pas compte, mais maintenant qu’il avait Aizou dans ses bras, il réalisait à quel point il lui avait manqué.  

« Tu m’as tellement manqué, chuchota Aizou en embrassant ses cheveux. »

Pour seule réponse, Yuujirou resserra ses bras autour de la taille de son compagnon. Il n’avait pas l’habitude de dire ce qu’il ressentait, mais il espérait qu’Aizou comprenait qu’il partageait ce sentiment. Au bout de longues minutes, Yuujirou se détacha un peu de lui, juste assez pour pouvoir regarder le visage d’Aizou. Il semblait épuisé et prêt à tomber de sommeil, mais le sourire doux qu’il lui offrait suffisait à faire battre le cœur de Yuujirou à toute allure. Relevant légèrement le visage, il déposa un baiser tendre sur le coin de lèvres du blond. Ce dernier laissa échapper un petit rire puis l’embrassa sur les lèvres. Ils savaient pertinemment que tout le monde devait être en train de les fixer, mais là, au beau milieu de l’aéroport, alors qu’ils venaient enfin de se retrouver, ils n’en avaient absolument rien à faire. 

Yuujirou mit fin au baiser et posa son front contre celui d’Aizou. Ce dernier lui sourit puis ses yeux s’illuminèrent, comme s’il venait de se souvenir de quelque chose. 

« J’ai un cadeau pour toi ! s’exclama-t-il. »

Il fouilla dans les poches de son manteau, puis lorsqu’il trouva enfin ce qu’il cherchait, recula d’un pas pour pouvoir voir Yuujirou. 

« Yuujirou, c’est le vingt-cinquième anniversaire qu’on passe ensemble et jusqu’à aujourd’hui tu m’as toujours offert les meilleurs des cadeaux. » Yuujirou secoua la tête. Il n’était apparemment pas le seul qui prenait leurs cadeaux au sérieux depuis tout ce temps. « Mais cette année, je suis certain de gagner, déclara Aizou. »

Yuujirou haussa un sourcil en voyant à quel point le blond était confiant. 

Aizou mit un genoux au sol et sortit une petite boîte de sa poche avant de l’ouvrir, laissant apparaître une bague en argent. Yuujirou sentit sa respiration se couper sous la surprise. 

« Veux-tu m’épouser ? » 

Les yeux de Yuujirou s’écarquillèrent et il posa une main sur sa bouche. Aizou le regardait avec un sourire radieux et les yeux brillants. Il connaissait de toute évidence sa réponse, ils en avaient déjà discuté auparavant, mais jamais il ne s’était attendu à ce qu’il lui fasse sa demande aussi tôt. Yuujirou se rendit compte qu’il pleurait lorsqu’il sentit les larmes toucher sa main et Aizou se releva aussitôt, l’air quelque peu inquiet. Yuujirou ne put s’empêcher de rire et, sans prendre le temps d’essuyer ses larmes, il passa ses bras autour de la nuque d’Aizou pour l’embrasser à nouveau. 

« Oui, répondit-il. »

Le sourire d’Aizou revint aussitôt et il lui rendit son baiser avant de prendre sa main gauche pour lui passer la bague au doigt. Il embrassa tendrement sa main, les yeux larmoyants, puis reporta son attention sur Yuujirou qui essuyait ses larmes. 

«  Joyeux anniversaire, Yuujirou. »

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