Asphyxie post-orgasmique @cactus
Asphyxie post-orgasmique

Todomatsu avait du mal à se souvenir du moment où tout avait commencé. Plus il y réfléchissait et plus la raison lui échappait. C'est vrai, après tout, des six fils Matsuno il était celui qui s'en tirait le mieux, non ? Il avait un travail, ses collègues l'appréciaient et ce même après la visite ''amicale'' de ses frères, il était persuadé d'être celui que ses parents préféraient et surtout, il parlait régulièrement à des filles.

Oui, il était l'un des seuls, le seul même, à pouvoir obtenir un avenir potable. En fait, il n'était pas si mauvais que ça pour draguer, il pourrait arriver assez facilement à sortir avec une fille, à se marier, à avoir des enf- non. Vu le calvaire qu'avait été ses frères, il préférait éviter de vivre la même chose avec sa progéniture.

Enfin, tout ça pour expliquer la situation embarrassante et peu agréable (pff, de qui se moquait-il ? Il adorait ça) dans laquelle il se trouvait : à quatre pattes sur le futon où ses frères et lui dormaient, la tête enfouie dans le coussin de Jyushimatsu qu'il mordait de toutes ses maigres forces, et ledit Jyushimatsu derrière lui, ou plutôt en lui.

Effectivement, c'était bien de ça dont parlait Todomatsu lorsqu'il pensait qu'il ne savait pas comment il en était arrivé à ce point. Alors qu'il aurait pu avoir une vie normale, il se retrouvait à coucher non seulement avec un homme, mais avec son frère de surcroît. Il savait cette relation immorale – la preuve, il n'osait même pas en parler à ses autres frères. Cependant, ses remords s'envolaient un peu plus à chaque coup que portait son aîné contre son point sensible, le faisant gémir dans l'oreiller humide à cause de ses larmes de plaisir et de sa salive.

Tous les Matsuno savaient bien que Jyushimatsu était inépuisable, mais il ne pouvait tout de même pas tenir autant de temps le pénis enfoncé dans son frère... non ? En tout cas, Todomatsu en était au point où il ne savait plus s'il devait le supplier de le lâcher ou de le laisser jouir.

Il n'avait plus aucune force et il tenait sur ses genoux seulement grâce au bras qui entourait ses hanches et le maintenait sur place. Il n'avait même plus la force de parler, ou même de penser correctement. Les coups de Jyushimatsu étaient secs et brutaux, il ne s'était pas arrêté depuis qu'ils avaient commencé – cela faisait-il dix minutes ? Trente ? Plus d'une heure ? Todomatsu ne s'en souvenait même pas. Tout ce qu'il savait était que, mis à part les frissons qui se propageaient dans tout son corps à chaque coup de son frère, il ne pouvait plus rien ressentir, trop concentré sur les vagues de plaisir qui ne cessaient de se répandre en lui. Il n'entendait pas les grognements – ou était-ce des mots ? – de son frère, seulement le sang qui battait dans ses tempes.

Rassemblant ses dernières forces, il leva une de ses mains pour attraper celle du plus vieux qui était sur sa hanche. Ses coups se faisaient de moins en moins réguliers, parfois plus lents, mais lorsqu'il remarquait qu'il ralentissait il reprenait de plus belle toujours plus fort, signe qu'il était lui aussi sur le point de jouir.

Todomatsu tourna sa tête sur le côté, prenant des grandes bouffées d'air et abandonnant le coussin. Aussitôt, Jyushimatsu lui agrippa les épaules et le reposa sur l'oreiller, s'appuyant par la suite sur son dos pour qu'il y reste collé. Le plus jeune perçut vaguement les mots « odeur » et « mien » mais il n'était sûr de rien. Il avait l'impression d'être dans une sorte de brume, il avait du mal à respirer et plus rien ne l'atteignait, jusqu'à ce qu'il sente finalement son frère jouir en lui.

Jyushimatsu se retira sans prendre en compte les gémissements d'inconfort de l'homme en dessous de lui. Il enfonça deux doigts en lui, regardant avec fascination l'anus de son frère se resserrer autour d'eux et, de son autre main, serra la base de son sexe avant de le prendre en main et de le masturber rapidement.

Todomatsu sursauta à ce contact soudain et essaya de s'en éloigner, trop sensible pour que cela puisse être encore agréable. Jyushimatsu le maintint en place et accéléra la cadence, le faisant sangloter, jusqu'à ce qu'enfin il sente cette chaleur familière dans son bassin, le faisant jouir dans un cri silencieux. Son corps fut pris de spasmes, cet orgasme bien plus violent que tous ceux qu'il avait pu avoir jusque là.

Couché en travers du futon, il reprenait difficilement sa respiration, et marmonna une vague d'insultes incohérentes à l'égard de son frère lorsque ce dernier retira ses doigts sans aucune douceur. Ce dernier attrapa un bout de la couverture et les essuya rapidement, avant de s'étaler de tout son long sur lui, dans un pseudo-câlin.

Au même moment où Todomatsu ouvrait la bouche pour lui dire d'aller voir ailleurs s'il y était, un toussotement les fit sursauter. Tournant difficilement la tête, les deux frères purent apercevoir le reste de leur fratrie, les joues plus ou moins rougies.

« Euh... commença Osomatsu. On vous laisse nettoyer le futon, ok ? 

- Quoi ?! Il est hors de question que je dorme ici après après que- qu'ils- que- s'indigna Choromatsu, faisant soupirer Ichimatsu.

- Tout le monde sait ce que vous faites ici, Osomatsu et toi, marmonna-t-il en sortant de la pièce, laissant à Osomatsu la lourde tâche de s'occuper de ses cris et surtout de traîner un Karamatsu figé par la surprise hors de la pièce. » 

Todomatsu regarda avec dégoût l'autre côté du futon où dormaient habituellement Osomatsu et Choromatsu.

Je ne m'approcherai plus jamais de ce côté, pensa-t-il, à défaut de pouvoir le dire à haute voix étant donné que Jyushimatsu s'était endormi en quelques secondes sur lui, lui coupant totalement la respiration. Il se donnait une dizaine de minutes à vivre, avant de mourir asphyxié.

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