Il était une fois... @voracity_karn
Chapitre 1 Hello hello ! Une nouvelle fic dans ce fandom, et ouais ! J'ai eu l'idée suite au post Tumblr de lordazazel23 que vous pouvez retrouver sur le mien "l'encre à la mer" (encreboueuse) ;) (C'était un prompt d'un anonyme où Rampa écrivait des fanfictions sur Good Omens et Aziraphale le surprend. Je suis allé légèrement plus loin) Disclaimers : -L'univers de Good Omens appartient à Terry Pratchett et Neil Gaiman. -Damien est un nom choisi au pif. Bonne lecture !

«- Cette année encore, l'auteur à succès Anthony J. Rampa se classe dans le top 10 des ventes avec son dernier roman intitulé « Mauvaises augures ». Les libraires sont déjà en rupture de stock à travers tout le pays alors qu'il n'est sorti qu'il y a moins de deux semaines et la rumeur sur une adaptation cinématographique se fait déjà entendre. »

La voix sucrée de la speakerine disparut lorsque la radio fut coupée sous l'énervement de son auditeur.

- Tu ne m'apprends rien et tu me fais perdre le fil de mes pensées, grommela-t-il.

- Tu ne m'apprends rien et tu me fais perdre le fil de mes pensées, grommela-t-il.

À la place, le bruit du clavier se fit entendre, témoin de la frénésie de son utilisateur.

Les yeux plissés pour mieux lire l'écran et se maudissant pour avoir cassé ses lunettes quelques jours plus tôt, il martyrisait son ordinateur depuis deux jours déjà.

Il dut s'interrompre une nouvelle fois pour décrocher son portable qui s'était mis à hurler sa sonnerie, le faisant pratiquement sursauter et… fermer le fichier sans l'avoir sauvegardé.

C'était donc dans un superbe état de nerfs qu'il aboya sur l'impudent qui osait le déranger.

- Mmh, toujours d'humeur délicate, de ce que j'entends, Anthony.

- La ferme, Damien, je viens de perdre de précieuses heures d'écriture à cause de ton interruption. Alors crache le morceau que je puisse rapidement raccrocher.

- Vu tes tendances misanthropes, je suis chargé de t'annoncer que les ventes ont dépassé toutes nos attentes ! Bel' est actuellement en train d'hurler sur les imprimeurs pour que les nouveaux exemplaires soient prêts le plus tôt possible. Dagon épluche les manuscrits pour dénicher quel nouvel auteur profitera de ton succès, on te l'enverra dans la semaine pour ton approbation, alors songe à relever ton courrier, c'est d'accord ?

- Ouais ouais.

Il raccrocha sans sommation et ignora les autres appels.

- Parlez à mon répondeur, grogna-t-il.

Saccadant les touches à nouveau pour réinventer le passage perdu, rattraper le courant de ses pensées, le dépassant même.

Il n'en sortit que suite au choc de phalanges contre sa porte d'entrée, suivie de son ouverture. Nul besoin de vérifier l'heure, il devait être seize heures et pas une minute de plus. C'était l'heure du goûter.

- Anthony ? Je prépare le thé, je t'attends dans la cuisine, c'est compris ?

- J'arrive…

Il traumatisa encore ses touches, sauvegardant avant que l'irréparable ne survienne à nouveau, puis verrouilla l'ordinateur avec humeur.

Il n'eut qu'à suivre le sifflotement enjoué pour retrouver sa route, bien qu'il n'en eut nul besoin. C'était chez lui, après tout.

La cuisine n'était jamais plus vivante que lorsque son ami l'habitait, l'emplissait de sa bonne humeur et de son sourire solaire.

- Un café, comme toujours, ou je peux te tenter avec un thé, cette fois ?

- Je te laisse tes feuilles imbuvables.

Du bout des doigts, il lança la cafetière et rapidement les deux odeurs se mêlant avec aisance.

- J'ai apporté des viennoiseries aujourd'hui !

L'emballage crissa sous doigts alors qu'il déballait les précieux trésors sucrés.

Anthony sortit la vaisselle dans un concert inutile de porcelaine malmenée, et les plaça sur la table déjà encombrée.

Sans parole, ils s'installèrent et se servirent qui en thé qui en café puis attaquèrent la chair encore chaude de leurs gourmandises.

- Pourquoi t'entêtes-tu à frapper ? Lança finalement le propriétaire des lieux. Tu as la clé que je t'ai donné, la preuve, tu l'as utilisé pour entrer !

Avant de lui répondre, son ami s'essuya consciencieusement la bouche et attrapa sa tasse par l'anse.

- À vrai dire, je ne l'ai pas utilisé, tu as encore oublié de verrouiller ta porte. Et secondement, ce n'est pas parce que j'ai eu ma possession le moyen d'entrer que je suis chez moi. Je te préviens donc de mon arrivée.

- Ezra, soupira-t-il. Tu es le seul à venir me voir… En-dehors de la factrice, bien sûr, mais elle passe que le matin. Même mon éditeur ne pousse plus le portail !

- Ça, c'est parce que tu l'as poussé dans les escaliers à sa dernière visite, sous prétexte, je cite, « que sa forte respiration troublait ton inspiration ». N'importe qui fuirait, je comprends ce brave homme.

- Ne prends pas en pitié Damien, grinça-t-il entre ses dents. C'est un sangsue irritante.

- Mange ton pain aux raisins.

Il étouffa ses grommellements dans la pâte feuilletée, tel un enfant, sous le sourire attendri de son ami.

- Sinon, comment ça se passe à la librairie ? Tu as du monde ?

- Elle a été assiégé la veille de la sortie de ton roman. Il y avait même des tentes ! J'ai ouvert pour les moins bien préparés et nous avons passés la nuit à lire tes œuvres précédentes et à les commenter. C'était très amusant et bon enfant !

- QUOI ?! C'est pour ça que tu ne m'as pas accompagné à la soirée de lancement ? Pour un feu de camp avec des fans névrosés à glousser sur vos personnages préférés ?! Ezra !

L'air trahi du romancier aurait pu être presque honnête si son ami ne le connaissait pas autant.

- Anthony… souffla-t-il. La dramaturgie ne te va vraiment pas au teint.

Il se servit précautionneusement une nouvelle tasse de thé.

- Tu dois prendre soin de tes lecteurs, très cher. Si ils te tournaient le dos, que te resteraient-ils ?

- Toi ?

Il lui sourit d'un air coupable.

- Tu ne me supportes plus au-delà de cinq heures, je te rappelle.

- Tu écoutais du Mozart et tu chantais faux.

- Je le fais tout le temps.

- Okay, on oublie la colocation.

Il reprit un pain aux raisins, le trempant dans son café sous la grimace de son ami.

L'atmosphère dans la cuisine était douce et la lumière décroissante du soleil les baignait de son halo. Le son étouffé du clocher du village voisin les surprit.

- Déjà dix-sept heures ? Je vais devoir y aller… Je reviens demain ?

- Je ne risque pas d'avoir déménagé dans la nuit, donc oui, sans doute.

Sans lui répondre, Ezra vida la théière dans son thermos et leva les yeux au ciel. Il effectua une rapide vaisselle qu'il mit à égoutter dans l'évier.

- Je te laisse la boîte, avec un peu de chance, tu auras l'estomac plein ce soir.

- Je n'oublie pas de manger ! Râla-t-il. C'est juste que…

- Que les heures s'écoulent sans toi, je sais. C'est ce que tu dis à chaque fois.

Il le raccompagna, le poussant presque vers la sortie sous les ricanements de son visiteur qui se laissa faire, amusé par son comportement.

- Tu me raconteras l'intrigue demain ? Lança-t-il, sur le pas de la porte.

- À demain.

Malgré que la porte lui soit claquée au nez, Ezra ne perdit pas son sourire. Il connaissait Anthony depuis suffisamment longtemps pour lire entre les lignes et surtout voir derrière son masque de nonchalance et de coups d'éclat.

Il enfourcha son vélo et pédala jusqu'à sa librairie dont il déverrouilla la porte pour le plaisir des jeunes acheteurs qui patientaient.

- Bonjour M. Fell ! Le saluèrent-ils en passant le seuil. Vous avez reçu stock ?

- Non, pas encore, mais je doute que l'édition Contre-Dires ne vous laisse dans la détresse longtemps, ce serait terriblement improductif pour eux comme pour vous.

Le sourire tranquille du libraire était ce qui lui assurait une notoriété parmi les jeunes générations malgré la pente descendante prise par la lecture de nos jours. Il était très accueillant et très patient. Il était sans doute plus au courant des derniers ragots que la pire commère ou du vieux prêtre.

Il disparut dans l'arrière-boutique où il réchauffa son thé avant de le servir dans autant de tasses en carton qu'il y avait d'adolescents derrière le comptoir, puis les leur apporta sur un plateau.

- Alors, où en étions-nous la dernière fois ? Les invita-t-il à reprendre.


« Nouveau chapitre de Asmodeus » annonçait le mail.

Avec les mains tremblantes, Ezra reposa la tasse de chocolat chaud qu'il portait à ses lèvres juste avant, pour s'emparer de sa souris et enfin l'ouvrir.

Très excité, il cliqua sur le lien et sautillait pratiquement sur sa chaise rembourrée alors que la page chargeait. Il chaussa ses lunettes de lecture et s'absorba dans le nouveau pan de l'intrigue qui se dévoilait à lui.

Lorsqu'il eut fini, il était pratiquement aux larmes, sa gorge se serrant par intermittence.

Tellement d'émotions dans tous ces mots…

Frissonnant, il récupéra de nouveau sa souris et sélectionna la case allouée aux commentaires et commença – malhabilement – à retranscrire tout ce qui l'avait traversé au fur et à mesure qu'il découvrait chaque nouveau paragraphe.

Il était loin d'être le seul à être transporté, il le savait bien, il n'y avait qu'à jeter un œil sur le nombre conséquent de commentaires.

À la base et comme pratiquement le monde entier, il ignorait l'existence de cette « discipline », puis l'avait dénigré de toute la hauteur que lui donnait ses longues heures d'insomnie passées sur Dickens et autres grands auteurs reconnus par la société bien pensante. Puis il s'était laissé tenter, sûrement par un des jeunes fans d'Anthony et, depuis, il était un utilisateur chevronné, naviguant avec aisance mais uniquement pour les romans de son ami.

La plume de cet Asmodeus était reconnue à travers les fandoms où il postait, principalement pour sa justesse d'écriture, son traitement des personnages mais aussi ses intrigues originales qui s'éloignaient parfois des textes de base.

Il (ou elle ? Ce n'était pas vraiment précisé) touchait des cordes sensibles chez tout le monde, faisant son beurre en tirant des larmes à son lectorat. Honteux. Mais tellement bon !

Il signa son long texte ponctué de compliments et de remerciements et le valida avec empressement. Un gloussement excité sortit de sa bouche et il quitta le bureau au profit de la cuisine, réchauffant son chocolat.

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