La grotte des tentations @voracity_karn
Chapter 2

En postant ma fic la première fois, j'ai découvert que je n'écrivais pas les noms comme dans la série, un peu trop à la française, donc (Naomi : Naomie / Hannah : Anna, etc) mais je ne compte changer à moins que ça ne vous gêne ?

Bonne lecture !

Castiel organisait les rayons de la supérette avec sa rigueur habituelle, ne décrochant pas le moindre mot, si ce n'était la courtoisie envers les clients.

Ça ne dérangeait pas la gérante qui raffolait de son employé modèle et ne tarissait pas d'éloges sur son efficacité et son dévouement.

Il n'y prêtait nullement attention, empilant boîtes de conserves et paquets de couches, renseignant les clients et encaissant le paiement des achats.

Mener de front ses études et son petit boulot d'employé polyvalent avait pesé sur sa charge de sommeil, mais il ne s'en était jamais plaint, enchaînant les heures supplémentaires et les devoirs.

Le grand nombre de leur fratrie appuyait sur les épaules de chacun d'entre eux, les incitant à chercher un emploi ou magouiller pour dégotter de quoi financer les achats.

Les aînés se focalisaient sur les charges fixes : loyers, électricité, eau, etc, et le moindre dollar supplémentaire était engloutie dans les dépenses du quotidien.

Heureusement, des bourses scolaires avaient pu envoyer Naomie, Anna, Castiel et d'autres à l'université, leur offrant la possibilité d'un avenir plus radieux.

Mais ce n'était pas assuré pour les plus jeunes.

Quand les quatre plus vieux parvenaient à se réunir – pas simple avec leurs emplois du temps respectifs – c'était un peu leur inquiétude première.

Eux-même avaient dû oublier leurs rêves d'avenir au profit de leur famille, lâchant le parcours scolaire lorsqu'il le fallut.

Lucifer n'avait pas terminé le lycée, Michaël avait décroché son bac de justesse, Raphaël avait abandonné lors de sa « junior year » et Gabriel avait opté pour ne pas se présenter lors des épreuves. Bon, il avait une excuse, Uriel avait été renversé par une voiture et se trouvait à l'hôpital.

À quoi servait un diplôme quand des frais médicaux s'amoncelaient ?

Malgré tous leurs efforts, Castiel avait abandonné ses études et avait dû rembourser les bourses touchées, ce qui avait réduit d'autant plus leurs fonds disponibles.

Et si les aînés avaient eut toutes les peines du monde pour cacher le trou énorme que ça causait dans le budget annuel, ça avait fini par fuiter, écrasant de culpabilité le fautif. Et toutes les tentatives pour lui remonter le moral furent de véritables échecs.

Le p'tit Cassie aimait se complaire dans ses erreurs…

Actuellement, ils en voyaient presque le bout mais ça avait coûté une année à Uriel durant laquelle il avait dû mettre de côté ses entraînements pour économiser au maximum.

L'argent était vraiment un fléau, sous quelque forme qu'il soit.

- Bonsoir Abaddon.

Au milieu du passage se dressait la jeune femme, les poings sur les hanches et l'air passablement énervée. Castiel tenta de la dépasser afin de rentrer dans l'appartement mais elle l'en empêchait.

- Où est Lucifer ?! Il ne répond pas à mes textos et personne n'ouvre.

- Il n'a peut-être plus de crédit, tenta-t-il.

Sans lui faire véritablement peur, la jeune femme rendait mal à l'aise en général, avec ses cris et son obsession pour son aîné.

- Écoute, si tu me laisses rentrer je pourrais voir si il est là et le prévenir de ta présence, proposa-t-il.

- Même pas en rêve ! Y'en a déjà trois qui m'ont eu comme ça, je barre la voie maintenant ! Plus personne ne rentre ou ne sort tant que je n'ai aucune nouvelle de mon petit-ami !

À la grande gêne de l'ex-étudiant, son éclat de voix n'était pas passé inaperçu et les portes des appartements voisins s'ouvraient sur divers visages plus ou moins aimables, curieux ou plaintifs.

- Alors, comme ça, je suis ton petit-ami ? Grinça une voix bien connue.

- Lucifer ! Couina-t-elle de joie.

Elle comptait bien s'élancer pour lui sauter au cou, mais à la place, elle se fit bousculer par l'un des frères insignifiants de l'amour de sa vie qui se précipita auprès de l'autre frère insignifiant qu'elle avait empêché de rentrer.

- Castiel ! Tu vas bien ? Cette mégère ne t'a pas fait de mal ?

- Tout va bien Gabriel, tu peux me lâcher.

Mais il ne l'écouta pas et le tira derrière lui, repassant devant Abaddon et Lucifer, ce dernier refermant la porter derrière eux, s'adossant à elle, bras croisés, et fixant la jeune impudente d'un regard implacable.

- Alors, comme ça, je suis ton petit-ami, mmh ? Répéta-t-il.

Ce fut à peu près tout ce que la fratrie entendit, le reste devenant rapidement incompréhensible.

Gabriel ne relâcha son frère qu'après être parvenu à l'asseoir de force et pour mieux lui coller une boisson chaude entre les mains. Castiel la goûta avec appréhension et eut bien raison quand un haut-le-cœur le prit.

- Du vin chaud ? Articula-t-il, surpris.

- Spécialité maison ! Se vanta son frère. C'est bon, hein ? J'ai réussi à te sauver une tasse, les microbes ont presque tout vidé !

- QUOI ?!

- Ah, tiens, salut Naomie ! Tu es rentrée ! Tu as faim ?

Mais sa sœur ne lui répondit pas, claquant ses talons sur le mauvais plancher pour se précipiter sur son frère, l'agrippant par les épaules pour le secouer violemment.

- Tu as laissé les petits boire de l'alcool ? Mais tu es fou ?!

- Euh, oui, mais rien de nouveau, balbutia-t-il. Par contre, tu devrais me lâcher parce que j'en ai bu aussi.

Lorsqu'elle le relâcha, ils purent constater qu'il était en effet légèrement verdâtre.

- Merci. Je t'ai déjà dit à quel point j'étais jaloux de ton énergie ? Urgh…

Elle ne décoléra pas mais fulmina toute seule à côté de Castiel qui n'avait pas bougé, observant leur aîné respirer lourdement.

- En tout cas, ils dorment bien, souffla-t-il. J'aurais dû faire pareil.

Il attrapa un journal qui traînait là pour s'éventer, repoussant le vertige et les nausées et s'assit à son tour.

- Vous avez une assiette dans le frigo, si vous avez faim. Moi, je veille.

Ils allèrent piocher dans la cuisine de quoi se nourrir et revinrent s'asseoir avec Gabriel qui, cette fois, lisait le journal. Et depuis un moment vu qu'il était à plus de la moitié.

Aux environs de l'heure de la sortie des écoles, il y avait toujours un aîné qui veillait jusqu'au départ pour les cours, au cas où. Ce soir, c'était à lui.

- Vous pensez que Luc va revenir bientôt ?

- Je ne l'ai pas vu prendre d'armes, donc incessamment sous peu, j'imagine.

La voix concentrée du plus vieux prouvait son intérêt pour un article.

- Si il y a un meurtre, je compte sur vous pour faire disparaître le cadavre. Hors de question que cette petite conne m'empêche de devenir magistrate !

- C'est noté, p'tite sœur.

- Je suis plus grande que toi, répliqua-t-il.

Il se contenta de lui tirer la langue.

- Les nouvelles sont si intéressantes que ça ? Tenta Castiel. Tu as l'air d'être passionné.

- Je suis sur les petites annonces. Je me suis fait virer hier du restaurant chinois où je faisais la plonge.

- Ils en avaient marre de t'extirper de la mousse ?

- Dis donc, t'es en forme ce soir, toi.

Il avait relevé les yeux de sa lecture pour mieux observer sa sœur dont les joues rouges ne purent le tromper.

- Ha, toi, tu t'es servi dans le faitout ! Alors, elle est bonne ma cuvée, hein ? J'envisage d'en vendre cet hiver, je pense que j'aurai du succès, pas toi ?

Naomie se massa les tempes, le vin chaud l'embrouillant légèrement. Elle avait toujours été très sensible à l'alcool.

- Je crois que j'ai vu quelque chose qui pourrait t'intéresser cette semaine, mais j'ai déjà oublié quoi. Ça me reviendra.

- C'est ça. En attendant, file au lit, tu m'as l'air bien cuite. Je me charge de ton assiette.

Il ajouta quelques bruits de bouche et des gestes de la main pour l'encourager à rejoindre son lit, la faisant grommeler qu'elle n'était plus une gamine, mais elle obtempéra quand même, créant un sourire tendre à Gabriel.

- Pour moi, vous serez toujours des gamins.

- Pourtant nous sommes pratiquement autonomes.

- HA ! Cassie ! J'avais oublié que tu étais encore là ! Tu m'as fait peur ? Tu ne vas pas te coucher ?

- Je n'ai pas encore fini de manger.

Il indiqua son assiette encore remplie puis reprit sa fourchette.

Le silence dura jusqu'au salut des deux frères quand le plus jeune rejoignit son lit, puis repartit une bonne fois lorsque la porte de l'appartement claqua de nouveau.

- Tiens, p'tit Luc, tu as réussi à vaincre ton cerbère ? Je sors la serpillière ou le champagne ?

- Balance plutôt une aspirine.

Dramatiquement, il se laissa tomber sur la chaise abandonnée par Castiel pendant que Gabriel reprenait la vaisselle.

- Et appelle-moi encore comme ça et c'est toi qui prendras ton envol, mais sans parachute, grommela-t-il.

Un verre rempli d'eau et un tube en plastique presque vide lui tint compagnie. Il s'empressa de jeter le comprimé dans l'eau et attendit la fin de l'effervescence, se massant les tempes.

- C'est Abaddon ou la journée qui t'a haché les nerfs ?

- Occupe-toi de tes affaires, marmonna-t-il. T'es de garde, cette nuit ?

- Oui. Et toi demain. Alors file au lit et dors. Enfin, si les ronflements de Michaël te le permettent, bien sûr ! Zou !

Il lui tapota le crâne, s'amusant à l'ébouriffer.

- Fous-moi la paix…

- Tu es dans mon royaume, p'tit Luc. Alors soumets-toi à mon jugement !

Malgré sa taille plus menue, il se gonfla autant que possible et prit un air suffisant, forçant sa voix pour la rendre plus confortable.

- … Tu es ridicule. Parfois, je me demande pourquoi on t'a pas abandonné enfant.

- Parce que je suis le plus beau, minauda-t-il.

Lucifer choisit la retraite stratégique pour camoufler son sourire amusé, le laissant seul de nouveau.

- Bon, je retourne à mon journal, moi. La nuit va être longue.

Enfermé dans sa chambre, Sam planchait sur ses révisions depuis la veille, seul, entouré par ses fiches aux mille signes.

Les congés de Noël avaient débutés deux jours plus tôt et l'université et ses chambres étudiantes étaient bien vides, l'ambiance était donc paisible et propice à la relecture de ses cours.

Parmi ses leçons, il eut la surprise de dénicher des trucs qui n'avaient rien à voir : une facture de la pharmacie, une recette de cuisine glissée par Brady suite à un débat sur la meilleure manière de cuisiner les haricots, des emballages de bonbons, des petits mots échangés en cours…

La priorité fut alors de trier le tout, grommelant ou ricanant selon les souvenirs liés à ce qu'il découvrait. Ça ne l'avait pas beaucoup avancé dans sa tâche et il ressentit un peu de vague à l'âme, sa solitude semblant se renforcer.

Un instant, sa main se tendit en direction de son vieux portable mais il avorta son geste en cours de route.

Que comptait-il faire ? Contacter sa famille ? L'idée du siècle, tiens…

Finalement, il attrapa son surligneur, juste à côté, et reprit la rédaction de ses fiches. Ça, au moins, c'était utile.

- Tiens.

Naomie ne marqua aucun temps d'arrêt, balançant une feuille froissée sur les genoux d'un Gabriel somnolant sur le canapé défoncé, ses talons frappant le sol avec régularité, le volume s'affaiblissant alors qu'elle quittait l'appartement, rejointe par Balthazar qui partait aux commissions avec Samandriel.

Un son entre le gargouillis et le grommellement de fin du monde s'échappa de la bouche entrouverte du jeune homme qui se frottait le visage pour tenter de se réveiller, ramassant le papier qui menaçait de finir à terre.

- C'qu'y a encore ?

Plissant les yeux, il déchiffra difficilement.

- Un poste de concierge, franchement ?

Il avait l'impression de passer son temps les mains dans la javel… Depuis l'accident d'Uriel, il avait enchaîné les jobs de ménage, devenant une vraie fée de du logis !

Par contre, il avait la peau des mains et des bras dans un sale état, entre l'eau et les divers produits utilisés…

- Bon, va me falloir mon CV, une lettre de motivation, mes recommandations… Et puis un café. Surtout un café…

Repoussant un des plus jeunes qui s'était collé à lui, il partit pour la cuisine à la recherche du breuvage magique qui lui permettrait de reconnecter les neurones nécessaires. Ce serait sans doute utile.

Voracity Karn

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